Olivier Estève chez Covivio : stratégie d’un dirigeant au MIPIM 2026

Olivier Estève chez Covivio : stratégie d’un dirigeant au MIPIM 2026

Au MIPIM 2026, Olivier Estève a livré une feuille de route claire pour Covivio : accélérer la transformation de bureaux en logements. Le directeur général délégué de la foncière, dont le patrimoine atteint 23,6 Md€, s’est exprimé au micro d’Immoweek sur les mutations du marché immobilier. Ses annonces interviennent alors que son mandat court jusqu’au 31 décembre 2026, avant la passation à un tandem.

Olivier Estève au MIPIM 2026 : une stratégie immobilière tournée vers la mutation des bureaux

L’édition 2026 du MIPIM aura été marquée par les prises de position d’Olivier Estève en faveur d’une reconversion plus massive des actifs tertiaires. Face aux taux de vacance qui persistent dans plusieurs quartiers d’affaires français, le dirigeant a insisté sur la nécessité de repenser l’usage des immeubles existants plutôt que de construire systématiquement des surfaces neuves.

Cette orientation s’inscrit dans une logique de gestion immobilière plus sobre. Pour les collectivités comme pour les investisseurs, le gain est double : réduire l’artificialisation des sols et répondre à la pénurie de logements dans les métropoles tendues. Olivier Estève l’a rappelé avec des chiffres précis : la transformation d’un immeuble de bureaux en résidence permet de livrer des appartements en deux fois moins de temps qu’une construction neuve, tout en mobilisant moins de capitaux.

Ce qu'il faut vérifier avant de transformer un bureau
  • Mesurer la vacance

    Regardez combien de temps le bâtiment est vide et si sa structure peut accueillir des logements. Planchers, travées, puits de lumière : tout se joue au cas par cas.

  • Obtenir les autorisations

    Le changement de destination ne se fait pas tout seul. Il faut passer par les services d'urbanisme et prévoir les délais.

  • Adapter les normes

    Sécurité incendie et accessibilité changent quand on passe de bureaux à des logements. Prévoyez les mises aux normes dès le départ.

  • Calculer la rentabilité

    La transformation coûte cher et prend du temps. Il faut un taux de rentabilité solide par rapport au coût de construction.

  • Impliquer les copropriétés

    Personne n'aime découvrir un chantier du jour au lendemain. Travaillez avec les copropriétés et les voisins pour intégrer le projet.

La transformation de bureaux en logements : une réponse concrète à la crise du logement

Derrière ce discours, il y a une réalité opérationnelle que la foncière connaît bien. Covivio a déjà engagé plusieurs opérations de ce type à Lyon et à Paris, en ciblant des immeubles obsolètes sur le plan énergétique mais structurellement adaptables. Les planchers, la profondeur des travées et la présence de puits de lumière sont autant de critères étudiés au cas par cas.

Pour qu’un projet aboutisse, plusieurs conditions doivent être réunies :

  • 🔍 Évaluer la vacance réelle du bâtiment et son potentiel de conversion (structure, planchers, façades) ;
  • 📋 Obtenir les autorisations d’urbanisme nécessaires, notamment en cas de changement de destination ;
  • 🔥 Adapter les normes de sécurité incendie et d’accessibilité aux futurs habitants ;
  • 📊 Calculer le taux de rentabilité par rapport au coût de construction, car la transformation est un investissement long ;
  • 🏢 Travailler en lien avec les copropriétés et les voisins pour intégrer le projet dans son environnement.

Cette stratégie ne serait pas pertinente sans une analyse fine des besoins locaux. Là où les écoles ferment, là où les jeunes actifs peinent à se loger, la conversion de bureaux désaffectés offre une réponse rapide. Certes, les contraintes techniques sont réelles, mais les retours d’expérience montrent que les coûts sont maîtrisables dès lors que la conception est pensée avec les futurs usagers.

Investissement immobilier : quelles perspectives après le point bas du marché ?

Outre la transformation, Olivier Estève a partagé sa vision sur les cycles de l'investissement immobilier. Selon lui, les ajustements de valeurs touchent à leur fin, et le marché devrait retrouver un niveau de fluidité acceptable après une période de turbulences. Il invite les investisseurs à regarder au-delà des indicateurs immédiats pour capter les rendements à long terme.

Les signaux sont encourageants : les transactions reprennent sur les actifs de qualité, les loyers primaires se stabilisent, et les utilisateurs reviennent vers les centralités bien desservies. Toutefois, la prudence reste de mise sur les actifs secondaires, où la vacance pourrait perdurer. Pour les investisseurs, l’heure est à la sélection rigoureuse des emplacements et à la vérification du potentiel de redéveloppement.

La RSE, moteur de déménagement des entreprises

Un autre enseignement du MIPIM 2026 concerne le rôle de la responsabilité sociétale des entreprises dans la décision de déménagement. Olivier Estève a observé que les sociétés quittent leurs locaux actuels pour se conformer à leurs engagements RSE, en recherchant des immeubles moins énergivores et mieux connectés. Le bureau n’est plus un simple coût fixe, il devient un outil de marque employeur.

Prenons l’exemple d’une entreprise de services installée dans une tour des années 1980 : face à l’obligation de réduire ses émissions de carbone, elle choisit de rejoindre un actif récent labellisé ou de partager un campus avec d’autres structures. Ce mouvement explique en partie la demande pour des surfaces modulables et des espaces collaboratifs. Les propriétaires doivent donc intégrer ces critères dès la conception, sous peine de voir leurs actifs se déprécier.

Covivio : la fin d’une ère et l’arrivée d’un tandem de dirigeants

Le MIPIM 2026 restera aussi comme l’un des derniers grands rendez-vous d’Olivier Estève en tant que directeur général délégué de Covivio. Le conseil d’administration a annoncé que son mandat ne sera pas renouvelé au-delà du 31 décembre 2026. Après près d’un quart de siècle passé au sein du groupe, il laisse une empreinte profonde, saluée par la gratitude du conseil pour sa contribution à la croissance de la foncière.

Pour assurer la continuité, un tandem a été choisi : Aude Grant et Alexei Dal Pastro. Leur nomination s’inscrit dans le prolongement de la stratégie de développement européen de Covivio, avec une volonté claire d’ancrer davantage encore le groupe dans les marchés allemand et italien. Le duo entend mixer leurs compétences, l’une tournée vers le client et l’innovation, l’autre vers l’ingénierie financière et les opérations.

Aude Grant et Alexei Dal Pastro : une nouvelle gouvernance pour poursuivre le développement européen

Aude Grant connaît parfaitement les métiers de l’exploitation et de la relation utilisateur, tandis qu’Alexei Dal Pastro apporte une expertise des transactions et de la gestion d’actifs. Leur complémentarité évoque la manière dont les grandes foncières gèrent la complexité : une direction resserrée, des prises de décision rapides, et une culture du résultat.

Cette nouvelle gouvernance devra maintenir le cap fixé par Olivier Estève, tout en s’adaptant à un marché où les coûts de financement restent élevés. Les défis ne manquent pas : arbitrer entre les actifs matures et les opportunités de création de valeur, développer l’offre de logements intermédiaires, et renforcer la résilience climatique des bâtiments. La feuille de route est ambitieuse, mais les équipes sont rodées.

Leadership et innovation : l’héritage d’Olivier Estève au sein de Covivio

Au-delà des chiffres, Olivier Estève aura marqué une génération de gestionnaires par sa méthode. Son style direct, son goût pour l’innovation pragmatique et sa capacité à fédérer les équipes autour de projets concrets ont contribué à faire de Covivio l’une des foncières les plus respectées d’Europe. Son passage laisse un héritage durable dans la manière de concevoir la ville de demain.

La prochaine étape consistera à prolonger cette dynamique sans la copier à l’identique. L’innovation ne se décrète pas, elle se cultive. Les jeunes dirigeants qui prennent la relève devront inventer leurs propres réponses aux enjeux énergétiques, aux nouvelles formes de travail et aux attentes des habitants. L’exemple d’Olivier Estève montre qu’une stratégie gagnante repose avant tout sur une vision claire et une capacité d’exécution sans faille.

À l’heure où les crises se succèdent, la résilience d’un groupe immobilier dépend de sa faculté à anticiper les usages. Le travail accompli par ce dirigeant offre des bases solides pour affronter les années à venir.

Ce que la reconversion des bureaux change vraiment

Pourquoi transformer des bureaux plutôt que construire du neuf ?

Parce que c'est plus rapide et moins cher. Olivier Estève le rappelle avec des chiffres : deux fois moins de temps pour livrer des appartements, et moins de capitaux mobilisés. Sans compter que ça évite de bétonner des sols encore vierges.

Est-ce que tous les immeubles de bureaux peuvent devenir des logements ?

Pas tous. Il faut des planchers adaptables, une profondeur de travées correcte et des puits de lumière. Covivio étudie chaque bâtiment au cas par cas, en regardant aussi la vacance réelle et le potentiel énergétique.

Ça vaut le coup pour un investisseur ?

Ça dépend de l'emplacement et du taux de rentabilité calculé sur le long terme. Estève invite à regarder au-delà des indicateurs immédiats. Les actifs de qualité repartent, mais les immeubles secondaires restent risqués.

Quel rôle joue la RSE dans le choix des bureaux ?

Les entreprises quittent leurs locaux pour respecter leurs engagements RSE. Elles cherchent des immeubles moins énergivores et mieux connectés. Le bureau devient un outil de marque employeur, plus seulement un coût.

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3 commentaires

  1. Quelle belle idée de redonner vie aux bureaux ! J’ignorais que ça allait si vite. Merci pour l’explication 😊

  2. Bonjour Lola, est-ce que ces logements seront accessibles aux primo-accédants comme moi ? J’espère que les prix resteront raisonnables !

  3. Enfin des chiffres concrets ! La transformation implique aussi de vérifier la structure et les diagnostics. Un vrai travail de terrain.

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