Jean-Philippe Dugoin-Clément à la SIBCA 2025 : les enjeux fonciers en débat

Jean-Philippe Dugoin-Clément à la SIBCA 2025 : les enjeux fonciers en débat

Le 4 septembre 2025, le Grand Palais a accueilli le SIBCA 2025, le salon de l’immobilier bas carbone. Parmi les 300 intervenants, Jean-Philippe Dugoin-Clément, maire de Mennecy et président de l’EPF Île-de-France, a participé aux débats consacrés aux enjeux fonciers. Retour sur les points essentiels de cette discussion, qui intéresse directement les élus et les professionnels de l’aménagement.

Pourquoi le foncier s’impose comme un sujet central à la SIBCA 2025

La transition écologique du bâtiment ne peut pas se réduire à l’utilisation de matériaux bas carbone. Elle interroge en profondeur l’aménagement du territoire et la consommation des sols. Lors du SIBCA 2025, les échanges ont mis en évidence une tension croissante entre la demande de logements et la nécessité de préserver les terres agricoles et naturelles.

Jean-Philippe Dugoin-Clément a rappelé que la raréfaction du foncier constitue un défi immédiat pour les collectivités. En Île-de-France, la pression démographique et économique rend chaque parcelle stratégique. Les débats ont porté sur les outils disponibles pour sortir d’une logique d’étalement urbain.

Quatre leviers pour une politique foncière efficace
  • Portage foncier

    L'EPF acquiert et gère temporairement les terrains. Les communes gardent la main et avancent à leur rythme.

  • Densification douce

    Diviser les grandes parcelles, combler les dents creuses, surélever sans dénaturer le paysage.

  • Requalification des friches

    Transformer les anciens sites industriels en quartiers mixtes, avec une part de logements sociaux.

  • Convention avec les propriétaires

    Des clauses de cession progressive pour freiner la spéculation et stabiliser les prix.

La trajectoire vers le zéro artificialisation nette repose sur des choix concrets

La loi Climat et Résilience impose une réduction de moitié du rythme d’artificialisation des sols d’ici 2031. Cette contrainte agit comme un levier de transformation pour les politiques foncières. Les intervenants ont insisté sur la nécessité de densifier les zones déjà urbanisées et de requalifier les friches industrielles.

À Mennecy, ville dont il est maire, Jean-Philippe Dugoin-Clément a engagé une réflexion sur la gestion des terres à l’échelle intercommunale. L’objectif consiste à concilier production de logements et qualité du cadre de vie. Cette expérience locale a servi de fil conducteur à son intervention.

Les propositions de Jean-Philippe Dugoin-Clément pour une politique foncière efficace

Le président de l’EPF Île-de-France a souligné un point central : la propriété foncière ne doit plus être pensée comme un simple actif financier. Elle doit s’intégrer dans une stratégie de long terme, au service de l’intérêt général. Les établissements publics fonciers ont un rôle clé à jouer dans cette évolution.

Jean-Philippe Dugoin-Clément, également président de Grand Paris Aménagement, a détaillé plusieurs pistes concrètes. Il a notamment évoqué la mobilisation des terrains publics, le portage foncier temporaire et la négociation avec les propriétaires privés. Ces outils doivent être déployés de manière coordonnée entre les différentes strates de gouvernance.

Des outils opérationnels au service des collectivités

  • 🟢 Le portage foncier : l’EPF acquiert et gère temporairement des terrains, ce qui donne aux communes une marge de manœuvre pour mener leurs projets à leur rythme.
  • 🏗️ La densification douce : diviser les grandes parcelles, combler les dents creuses, surélever certains bâtiments sans dénaturer le paysage.
  • 🌱 La requalification des friches : transformer les anciens sites industriels ou commerciaux en quartiers mixtes, avec une part de logements sociaux.
  • 🤝 La convention avec les propriétaires : instaurer des clauses de cession progressive pour freiner la spéculation.

Cette boîte à outils ne fonctionne que si les services d’urbanisme disposent d’une ingénierie technique solide. C’est pourquoi Jean-Philippe Dugoin-Clément a plaidé pour un renforcement des compétences dans les territoires ruraux et périurbains. Si vous êtes élu local, les pistes présentées ici peuvent alimenter votre réflexion.

Le débat foncier dépasse le cadre des professionnels de l’immobilier

La question foncière touche directement les habitants. Lors des échanges, plusieurs intervenants ont rappelé que la rétention foncière et la spéculation contribuent à la hausse des prix du logement. Les ménages, notamment les jeunes actifs, figurent parmi les premières victimes de ces mécanismes.

Jean-Philippe Dugoin-Clément a insisté sur la nécessité d’associer les citoyens aux décisions d’aménagement. La concertation ne doit pas se résumer à une simple information en fin de processus. Elle doit être pensée en amont, dès la définition des projets.

À ce titre, l’expérience de la région Île-de-France, où il exerce la vice-présidence, a été évoquée. Des ateliers de diagnostic partagé sont organisés dans plusieurs communes pour recueillir la parole des usagers sur les espaces publics et les équipements.

Quelles perspectives pour les politiques foncières après la SIBCA 2025 ?

Le salon a confirmé que la sobriété foncière devient un critère structurant de l’action publique. Les 150 débats et conférences ont montré une convergence entre les acteurs, même si des divergences persistent sur les moyens d’y parvenir.

La reconnaissance de Jean-Philippe Dugoin-Clément, récompensé par une Pierre d’Or 2025 dans la catégorie « Développement des territoires », illustre cette dynamique. Son parcours, marqué par des responsabilités locales et régionales, lui confère une vision globale des enjeux fonciers.

Les annonces faites lors de cette édition devront maintenant se traduire dans les documents d’urbanisme et les programmes locaux de l’habitat. Le débat foncier n’est pas clos : il se prolongera dans chaque conseil municipal et chaque enquête publique.

Pour les collectivités, l’édition 2025 du SIBCA a apporté une certitude : la gestion des terres ne peut plus être une variable d’ajustement. Elle doit devenir une priorité partagée, avec des moyens humains et financiers à la hauteur des ambitions affichées.

Les questions foncières que tout élu se pose

Est-ce que la loi ZAN concerne vraiment les petites communes ?

Elle concerne toutes les collectivités, même les plus petites, avec un objectif de réduction de moitié de l'artificialisation d'ici 2031. Les communes rurales doivent aussi densifier et requalifier.

Ça veut dire quoi concrètement, densifier sans dénaturer ?

Cela consiste à diviser les grandes parcelles, combler les dents creuses ou surélever certains bâtiments. L'idée est de créer des logements sans toucher aux espaces naturels.

Faut-il acheter du foncier quand on est une petite commune ?

Pas forcément. Le portage foncier par un EPF permet de sécuriser des terrains sans mobiliser toute la trésorerie municipale. C'est un vrai ballon d'oxygène.

Les propriétaires privés vont-ils perdre de la valeur avec ces règles ?

La négociation reste la règle, avec des clauses de cession progressive. Le but est de freiner la spéculation, pas de spolier qui que ce soit.

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2 commentaires

  1. Le ZAN oblige à repenser le foncier. Bonne chance aux collectivités, la rénovation reste le meilleur investissement.

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